Afrique/L’afrobeat: la voix du militantisme

  • Par Yaya konaté
  • 13 Août 2019
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Dans les années 70 et 80, la musique afro avait pignon sur rue en Afrique. Presque tous les pays avaient également des structures pour égayer la vie quotidienne et surtout véhiculer des messages forts. 


C’est le cas de l'afrobeat au Nigéria, un mélange de musique traditionnelle nigériane, de jazz, de high life, de funk et de chant accompagné de percussions et de styles vocaux, popularisé en 1970. Par cette initiative, les promoteurs ont passé au crible des réalités et des pratiques pas toujours orthodoxes.

 Si ce genre musical particulier a vu le jour, c’est grâce à son inventeur, Fela Kuti qui, à son retour des Etats Unis, a rassemblé les instrumentistes les plus expérimentés de l’époque. Il faut dire que c’était lors d’une tournée américaine avec son groupe « Nigéria 70 » que l’aventure a démarré.

De la musique au militantisme

L’afrobeat relève d’une part du militantisme, avec lequel les inventeurs ont défendu les droits des Africains et expliqué leurs difficultés, à travers les rythmes endiablés des musiques africaines et la profondeur du jazz.

Précisons que Fela a été initié aux idées de Malcolm X et à la défense des droits des Africains. C’est ainsi qu’il est devenu le porte-parole de la classe ouvrière nigériane. Très engagé et ambitieux, il est allé jusqu’à créer son propre parti politique, début d’une autre aventure douloureuse pour le chanteur.

Le chemin du militantisme n’a pas été facile pour ce fils d’Afrique qui s’est fait la voix des sans-voix. Malgré les intimidations, les arrestations, les destructions et les tortures dont il a fait l’objet, Fela n’a jamais désarmé. Ce qui a valu une notoriété à son style musical, qui est d’ailleurs désormais connu dans le monde entier et continue d’exister aujourd’hui à travers ses deux fils Femi et Seun.

Fela, aimé par ceux qui avaient soif de la justice

Par ses prises de position, Fela se faisait aimer par beaucoup de personnes, notamment la classe la plus pauvre du Nigeria et tous les gens épris de justice. Car à l’époque il fut engagé dans ses écrits très politisés pour défendre les droits des Africains (contre le gouvernement militaire), tout en militant pour la classe ouvrière.

Il faut aussi relever que Fela a pris son temps pour écrire une histoire qui est d’ailleurs indélébile. Cette nostalgie a été confirmée par ses chansons et ses écrits, lesquels ont connu un succès phénoménal dès le début de sa carrière.

Parmi ces chansons, on peut citer entre autres « It’s Highlife Time » écrite à Londres, « My Lady Frustration » inspirée par Sandra Smith, « Ye Ye De Smell » avec Ginger Baker, « Roforofo Fight » enregistrée au « Lagos Gentleman », un album studio de 1973, « Expensive Shit » faisant référence à l’une de ses arrestations et « Lady » qui relatait ses problèmes avec ses femmes.

 

S! : afrizap / wikipedia

 

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