Afrique : La Côte d’Ivoire et le Ghana imposent le prix de leur cacao.

  • Par Saidi Mamadou Ouedraogo
  • 20 Juin 2019
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Un pas de géant vient d'être fait dans le monde du cacao. La Côte d'Ivoire et le Ghana, qui cumulent plus de 60% de l'approvisionnement mondial en fèves, ont fixé d'un commun accord un nouveau prix minimum d'achat du cacao pour la prochaine campagne.


Une décision qualifiée ‘’d'historique’’ par le patron du Cocobod ghanéen, Joseph Boahen Aidoo. Le prix minimum est élevé, de l'ordre de $ 2 600 la tonne, identique pour les deux pays. Il est plus de $ 1 000 au-dessus des actuels prix bord champ et au-dessus des cotations sur les marchés à terme de Londres et de New York.

Une rémunération décente pour le travail des cacaoculteurs, a déclaré le patron du Conseil du café cacao de Côte d'Ivoire, Yves Koné. Rappelons que le prix minimum garanti actuel bord champ pratiqué en Côte d'Ivoire pour la campagne 2018-2019 est de 750 FCFA le kilo, soit $ 1 290 la tonne, et au Ghana de 7600 cedis, soit $ 1 410.

Les deux pays ont aussi déclaré suspendre jusqu'à nouvel ordre la vente de fèves de cacao sur la campagne 2020-2021 et, apparemment, jusqu'à ce que le prix plancher entre en vigueur, ont annoncé les deux pays.

Un prix minimum dont le principe a été accepté dans la foulée, le jeudi 13 Juin à Accra, par les acteurs du marché, que ce soit les traders, les transformateurs et les industriels de la filière. Ils ont, toutefois, demandé la tenue d'une réunion le 3 juillet à Abidjan pour déterminer comment mettre en œuvre concrètement la mesure. Rappelons que le marché mondial du cacao est plutôt bien approvisionné, avec un excédent estimé par l'Organisation internationale du cacao (ICCO) de 36 000 tonnes sur 2018-2019.

Cette décision ivoiro-ghanéenne est le fruit d'une volonté politique des deux pays manifestée depuis près de deux ans, depuis la grande instabilité des cours de 2016 qui a coûté si cher aux deux pays. Au fil des réunions, ils ont petit à petit rapproché leurs mécanismes de fonctionnement des filières et harmonisé leurs politiques afin de présenter un front plus uni face à des géants mondiaux du cacao et les marchés mondiaux.

 

Source: Commodafrica.com

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