Burkina Faso: FASO DAN FANI ou le pagne tissé de la patrie !

  • Par Yaya konaté
  • 23 Mars 2020
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Le Faso dan fani, traduit littéralement : « pagne tissé de la patrie ». Il est l’histoire du textile tissé, grande fierté de l’artisanat burkinabé.


Lourd de sens et de symboles, le Faso Dan Fani est ici une valeur importante autant sur le plan économique que traditionnel. Le Faso Dan Fani est une étoffe traditionnelle tissée du Burkina Faso, réalisée entièrement à partir de fil de coton teinté. Initialement utilisé à l’occasion de rites traditionnels (mariage, naissances, rites divers), le Faso Dan Fani est passé progressivement d’un usage coutumier à un usage vestimentaire de mode.

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Ce qui fit la célébrité du Faso Dan Fani

L’arrivée au pouvoir, en 1983, de Thomas Sankara va avoir une très grande incidence dans le secteur du tissage féminin. Le discours qu’il prononce quelques années plus tard, le 8 mars 1987 à l’occasion de la Journée internationale de la femme, illustre d’une part son appui à l’émancipation de la femme, et d’autre part son engagement à la promotion des tissages locaux ou dan fani.

De manière remarquable, le pupitre duquel il parle est recouvert d’un tissage réalisé par une tisseuse sur un métier amélioré (Sankara, 2001). Nous retiendrons deux phrases essentielles dans son discours : [La femme doit] « s’engager davantage, dans l’application des mots d’ordre anti-impérialistes, à produire et consommer burkinabè en s’affirmant toujours comme un agent économique de premier plan – producteur comme consommateur des produits locaux » (Sankara, 2001 : 31). Plus loin, il précise : « La femme dans son foyer devra mettre un soin à participer à la progression de la qualité de la vie. En tant que Burkinabè, bien vivre, c’est bien se nourrir, c’est bien s’habiller avec les produits burkinabè » (Sankara, 2001 : 38). Thomas Sankara fixe alors un double objectif : produire et consommer. La production de dan fani va alors se structurer. Progressivement, les femmes qui tissent s’organisent en coopératives et sortent ainsi de l’invisibilité du statut de ménagère pour acquérir une reconnaissance sociale. C’est ainsi que se forme par exemple, en 1984, la Coopérative de production artisanale des femmes de Ouagadougou (COPAFO), située au centre de Ouagadougou, à côté des anciens établissements Peyrissac. Ce principe donna lieu au mouvement «Faso dan fani», par lequel Thomas Sankara contraint son peuple à revêtir les étoffes locales.

« Sous la Révolution, l’habit traditionnel était imposé comme tenue de service. Imposé, c’est-à-dire qu’il y avait un décret pris par le gouvernement qui imposait qu’un fonctionnaire ne se présentait pas au service en d’autre tenue que dans une tenue confectionnée à travers le tissu Faso dan fani. Et celui qui ne le faisait pas était passible de sanctions. Ce qui fait que le tissage s’est développé durant cette période-là. Tout le monde devait s’habiller avec ce tissu » affirme Almissi Porgo, le conservateur du Musée National.Cette mesure assura de fait une clientèle importante aux coopératives nouvellement créées et aux tisseuses à domicile. Cette action révèle l’objectif quantitatif que Thomas Sankara s’était fixé comme priorité : il fallait que les femmes produisent beaucoup de dan fani, et rapidement, car elles avaient un marché assuré. Source : www.cairn.info.

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Le FDF dans le monde de la mode

les créateurs de Haute Couture se sont emparés de cette étoffe d’or, le Faso Dan Fani s'est fait un nom,des défilés de mode ont lieu rien que pour lui.

« Aujourd’hui le faso dan fani est très apprécié dans le monde. C’est le tissu africain le plus cher et le meilleur de nos jours » affirme Paté Ouedrago, styliste burkinabé précurseur dans la revalorisation de cette étoffe, qui cherche par ses créations à faire naître l’envie de la porter pour sa beauté et sa qualité.

François 1er est aussi un incontournable de la mode burkinabé. Créateur spécialisé dans le Faso Dan Fani depuis 1992, il s’inspire des styles vestimentaires de son pays et les mélangent aux tendances plus occidentales de la mode et de la haute couture.

Un tissu toujours d’actualité

Aujourd’hui, le Faso Dan fani est le symbole d‘un produit 100% Burkinabè. Il est porté avec fierté par les hommes et les femmes en toute occasion : pour les fêtes, au travail, au quotidien.

Le Gouvernement burkinabè dans le cadre de la promotion de l’identité culturelle encourage le port du tissu Faso Dan Fani (FDF) lors des cérémonies officielles ou des manifestations d’envergure nationale. Aussi dans le cadre de la valorisation et la protection des produits locaux, le gouvernement burkinabè a décidé de labelliser le pagne traditionnel tissé par les femmes appelé « Faso dan fani ». 

«Le Faso Dan Fani est une marque du Burkina Faso, personne ne pourra l’arracher. Il existe de la cotonnade partout, mais le Faso Dan Fani est burkinabè et restera burkinabè pour valoriser le travail de nos braves tisseuses», a fièrement soutenu le 30 avril 2019 Harouna Kaboré, ministre de l’Artisanat, lors d’une cérémonie à Ouagadougou, au cours de laquelle le logo de la marque a été dévoilé.

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