Burkina Faso : La légende de Ouédraogo, fondateur de l’empire Mossi.

  • Par Akina De Kouassi
  • 20 Fév. 2020
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Les Mossi (ou Moose ; singulier Moaga), peuple du Burkina parlant le moore, constituent la plus grande partie de la population du pays des hommes intègres.


Selon la tradition orale, les Mossi seraient venus de la vallée du Niger vers le XIIIe siècle et se sont installés dans la région, après s'être heurtés à l'empire du Mali.

Leur organisation politique et militaire n’est pas à sens unique, mais de quatre royaumes décentralisés sans hiérarchie marquée (Tenkodogo, qui est le royaume d'origine, Ouagadougou, Yatenga et Fada N'Gourma) qui mènent des expéditions à l'extérieur.

Ils ont à leur tête un morho nabas « roi du monde » dont les pieds ne doivent pas toucher le sol de crainte que la force vitale dont il est porteur et qui est nécessaire à la vitalité du royaume ne le brûle. De nos jours, celui-ci a le statut de chef coutumier avec un pouvoir non négligeable, surtout en période électorale. Le cérémoniel qui touche à leur vie quotidienne est encore très respecté.

Ouedraogo, ancêtre fondateur du royaume Mossi

Selon la légende, dans le royaume du Dagomba, situé dans l’actuel Ghana, vivait un roi très puissant. Celui-ci avait une fille guerrière qu’il aimait au point de ne pas vouloir se séparer d’elle. Aussi, refusait-il d’accorder sa main à quiconque venait demander en mariage la jeune fille, alors qu’elle avait l’âge d’être mère et épouse. Cette jeune fille se nommait Yennega et était réputée pour sa maitrise des armes de guerre.

Voulant raisonner son père le roi, la princesse Yennega fit semer du gombo. Ces gombos ont germé et devraient faire bonne récolte. Mais la princesse interdisait à quiconque de faire la récolte. Le champ de gombo était alors à la merci des insectes et autres bêtes de la brousse. Le roi qui interrogea sa fille sur son attitude de semer des gombos et de ne pas les récolter sera confondu par la réponse de celle-ci.

« Comme ces gombos, tu m’as mise au monde, j’ai grandi, je suis en âge de me marier, mais tu me laisses me détériorer par le temps. »

Pendant que tous dormaient, la princesse Yennega enfourcha une nuit un étalon blanc pour s’enfuir du royaume de son père. Conduite dans le néant par le cheval, affaibli par la fatigue du périple, Yennega se retrouva dans une brousse où elle fit la rencontre de Rialé, un chasseur  d’éléphant d’origine royale.

Le chasseur et Yennega se mirent en couple dans une forêt près de Bouti. De cette union, naquit un fils qu’ils baptisèrent Ouedraogo, ce qui signifie étalon ou cheval mal. Ceci, en honneur du cheval qui a conduit la princesse Yennega vers le chasseur Rialé.

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Rongé pas le chagrin, c’est avec joie que le roi, père de Yennega, reçut son gendre, sa fille et son petit-fils Ouedraogo. Une grande fête fut organisée pour leur accueil. A leur départ, le roi les convoya avec certains de ses sujets. La région de Gambaga fut alors surpeuplée. Devenu grand, Ouedraogo quitta Gambaga pour s’installer plus au nord où il va fonder Tenkodogo, contraction de Tenga Kodogo (terre vieille). Il aura de nombreux fils et fonda une nouvelle dynastie. Tous ses descendants furent appelés Ouédraogo.

Située au sud-est de Ouagadougou, Tenkodogo existe encore aujourd’hui et elle est depuis toujours vénérée au titre de « berceau » du puissant empire mossi.

Pour rappel, le trophée décerné au lauréat du Fespaco porte le titre de « l’Etalon d’Or de Yennega ». Et en sport, l’équipe nationale du Burkina Faso est autrement appelée « les Etalons de Yennega ».

 

Source : Microsoft encarta

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