Congo : Les héros méconnus de la lutte anti-impérialiste

  • Par Akina De Kouassi
  • 19 Nov. 2020
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Ancienne colonie Belge, le Congo a payé un lourd tribut de l’impérialisme à l’époque coloniale en Afrique. Ainsi, des noms emblématiques originaires de cette partie du continent, ont marqué d’un symbole indélébile, l’histoire de l'Afrique.


Simon Kimbangu ou le messie nègre…

Né le 12 septembre 1887 à Nkamba, Simon Kimbangu est une figure remarquable de la lutte anti-impérialiste. Il aura marqué la période coloniale au Congo à partir de son mouvement religieux « Kimbanguiste » qu’il a laissé comme un héritage culturel à sa postérité.

Rappelons par ailleurs que Simon Kimbangu dont le nom signifie « Celui qui révèle les choses cachées » appartenait au départ à la Baptist Missionary Society au sein de laquelle il a été baptisé en 1915, pour devenir catéchiste.

Déçu, après avoir travaillé plusieurs mois sans être rémunéré dans des Huileries du Congo belge à Léopoldville (actuel Kinshasa), Simon Kimbangu revient à Nkamba où, le 6 avril 1921, il va ressusciter une petite fille par l’imposition des mains.

Cette action marque le début du ministère prophétique de Simon Kimbangu dont la renommée va au-delà des extrémités de l’Empire Colonial Belge, de l’Angola et du Kongo Français. En effet, cette action, considérée comme un miracle va susciter l’abandon des églises chrétiennes au profit de Simon Kimbangu qui ne cesse de multiplier les « miracles ».  

Persécuté par les autorités coloniales qui voient en lui un adversaire, Kimbangu entre dans la clandestinité et s’exile à Mbanza-Nsanda après une tentative d’arrestation menée par Léon Morel, commissaire de district. Toutefois, le 12 septembre 1921, Kimbangu se rend spontanément aux autorités coloniales.

Traduit devant un conseil de guerre plutôt que devant un tribunal civil, Kimbangu sera condamné à mort au bout de trois jours d'un procès tendancieux. Mais, le Roi Albert 1er décide de commuer sa peine en détention à perpétuité. Les autorités coloniales vont donc transférer Kimbangu à la prison d'Élisabethville au Katanga, à des milliers de kilomètres de sa famille et de son lieu de résidence. Chaque matin, il était plongé dans un puits contenant de l’eau froide et salé, censée accélérer sa mort.

Deux jours avant sa mort, Kimbangu avait annoncé à ses codétenus que sa détention allait prendre fin et qu’il mourait deux jours plus tard, soit le 12 octobre 1951 à 15 heures précise. Effectivement, le vendredi 12 octobre 1951, après avoir fait ses adieux à ses gardes et codétenus, il se frappa de trois coups de poings sur les côtes droites et gauches, puis, s’étant allongé sur sa couverture placée à terre, il mourut à 15 heures.

Simao Toko et le 4 janvier à Kinshasa

Simao Toko est angolais. Cependant, il aura marqué l’histoire du Congo belge où il a été fait prisonnier.

Né en février 1918 dans le nord de l’Angola à Kisadi Kibango, qui faisait partie du royaume Kongo avant le découpage de l’Afrique  lors de la Conférence de Berlin, Simao Toko est une figure de la lutte contre l’impérialisme à l’époque coloniale.

Leader du mouvement Kitawla, Simao Toko était dès son bas-âge opposé à l’impérialisme culturel  et réclamait que l’on restaure l’histoire de l’Angola. Ainsi, son mouvement, le Kitawala organisait des actions de désobéissance civile, des grèves et autres actions de résistance à l’impérialisme.

Arrêtés et jetés en prison au Kongo belge en 1950, Simao Toko et ses adeptes étaient l’objet de tortures et d’insultes dont le chef belge de prison était coutumier.

Exacerbé par ces insultes, Simao Toko leva ses mains et demanda aux belges de compter ses doigts. Naturellement, ils en comptaient dix. Puis, il leur dit : « C’est exactement le nombre d’année qu’il vous reste ici chez nous. Je vous donne encore dix ans, pas plus, pas moins pour quitter ce pays. » Puis, il ajouta que son armée les survolerait.

Le 4 janvier 1959, alors qu’on arrivait au 10ème doigt de l’annonce de Simoa Toko, un fait surprenant, bien connu partout en Afrique Centrale, va se produire à Léopoldville (actuel Kinshasa), d’autant plus que jusqu’à ce jour, le 4 janvier est décrété jour férié public à Kinshasa en commémoration de cet évènement aujourd’hui appelé « Le jour de Cherubin et Séraphin ».

Ce jour du 4 janvier 1959, des êtres de petite taille ayant des corps très imposants et très musclés, capables de soulever des camions de 5 tonnes avec un bras, venus d’on ne sait où, ont fait front devant l’armée coloniale belge. L’armée belge ouvrit le feu sur ces êtres, mais ce fut sans effet. Elle prit donc la fuite face à ces êtres qui aussitôt, disparurent comme ils étaient apparus.  

Comme pour concrétiser la « prophétie » de Simao Toko, le 30 juin 1960, le Congo belge accéda à l’indépendance.

 Source : Kayemb ‘’Uriël’’ Nawej, in Poison Blanc

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