EDITORIAL 5: L’AFRIQUE APRES LE COVID-19 ?

  • Par Balla Tomakoté
  • 03 Mai 2020
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L’Afrique devra inévitablement faire face à deux grands défis, après la crise actuelle qui met à nu l’échec de ces solutions imposées de l’extérieur ; il s’agit de la santé et de l’éducation.


Les experts du monde entier étaient initialement unanimes pour parler d’hécatombe en Afrique si jamais le virus corona gagnait ce continent dépourvu en matière d’infrastructures et de dispositifs sanitaires. Mais fort heureusement, les voies du Seigneur sont insondables et nul ne sait comment les pronostics n’ont pas été confirmés. Mieux le Président Trump a surpris tout le monde en accordant une aide substantielle à Madagascar pour développer la recherche en vue de contrer le coronavirus.

C’est le lieu de rappeler que l’Afrique est perçue désormais comme une terre d’avenir. Toutes les grandes puissances du moment sont soucieuses de leur positionnement sur le continent. Des déclarations officielles l’attestent et cela n’est point une mauvaise chose. Ce que l’on peut déplorer, c’est que certains conflits meurtriers, certains putschs, certains troubles sont commandités dans le dessein d’être le maitre ou le partenaire incontournable d’au moins une portion du continent. Ces convoitises sont la preuve que l’Afrique n’est point une terre maudite. Il suffit par ailleurs de voir les richesses naturelles qui y subsistent, malgré l’exploitation sauvage qui en a été faite. Les forêts encore denses, les immenses richesses minières ou minéralières, les dunes fantastiques et les plages exubérantes qui rendent ce territoire de 30 millions de kilomètres carrés incomparable, tout ceci pourrait être assez bénéfique à l’humanité entière si les dirigeants du monde le percevaient sous l’angle le meilleur !

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Hélas, les populations africaines sont plutôt vues comme quantité négligeable, sinon comme déchet à enfouir comme humus pour la croissance des grandes puissances. Pourtant, il suffit de voir les choses sous un angle positif pour transformer ce continent au profit de toute la terre. Ainsi, si l’Occident offre généreusement sa technicité, sa puissance technologique et son esprit évolué, l’Afrique l’attend avec ses ressources, ses potentialités et surtout sa jeunesse. S’« il n’y a de richesse que d’hommes », comme disent les Chinois, alors il est souhaitable qu’on accorde surtout à cette jeunesse la chance de se rendre utile à l’humanité. Mais en restant dans le schéma actuel où l’Occident veut à tout prix soumettre le reste du monde pour en tirer des profits exponentiels à travers ses multinationales, il faudra bien que notre continent réfléchisse à deux volets de son développement.

Au niveau de la santé, nos pays ont le devoir de consacrer plus d’intérêt à la recherche scientifique avec le peu de moyens disponibles. En faisant en outre appel à la pharmacopée, l’Afrique pourrait trouver des solutions locales aux maladies les plus connues. Des initiatives isolées ont déjà été enregistrées ici et là, sans soutien officiel. Pourtant toutes nos populations n’ont pas les moyens de recourir aux moyens conventionnels. Entre les laisser périr ou les aider localement, qu’est-ce qui est préférable pour la communauté internationale ?

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De même dans le domaine de l’éducation, il est impératif de revoir nos choix. Tant que nos systèmes éducatifs ne prendront en compte que les valeurs dites universelles, notre aliénation sera continue et notre identité disparaitra bien vite. Quel mal y a-t-il à y intégrer le respect des parents, des ainés et des maitres ? Quel mal y a-t-il à se démarquer du moule général pour atténuer l’esprit individualiste, matérialiste ou égoïste ? L’Afrique gagnerait à réformer les choses pour offrir un modèle d’éducation en phase avec le village planétaire sans être coupée de nos souches.

Ces deux volets du développement sont les domaines où les solutions venues d’ailleurs sont décevantes. Pour être utile au plus grand nombre en Afrique, il faut envisager autrement la globalisation.

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source image: seneplus.com

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