LE BALAFON POUR FECONDER LA MUSIQUE URBAINE

  • Par Akina De Kouassi
  • 10 Avr. 2021
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« Le Djéguélé dans les créations musicales urbaines en Côte d'Ivoire ». Tel est le thème de la conférence animée par Docteur Kouissoa Honorat Gilles, à la faveur de la 5eme édition du Djéguélé Festival.


Rappelons que depuis le 5 décembre 2012 à Paris, le Balafon Senoufo à douze lames a été inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Et ce, en faveur d’une candidature à cette fin par les Etats de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Mali qui abritent tous les peuples Senoufo.

L’un des enjeux d’une telle inscription, c’est la valorisation de cet instrument par ses Etats. C’est d’ailleurs dans cette perspective que s’inscrit le Festival International du Balafon, ou Djéguélé Festival de Boundiali qui tient sa 5eme édition depuis le 03 avril 2021 dans la capitale de la Bagoué.

Au programme de cette édition, il s’est tenu une journée scientifique portant sur le thème « Le Djéguélé dans les créations musicales urbaines en Côte d’Ivoire » ce jeudi 09 avril au siège du Djéguélé Festival. Une journée qui va la présence d’éminentes personnalités du monde des arts et de la culture, notamment le Professeur Yacouba KONATE, Directeur Général du Masa, de Monsieur Ansoumana Sané, Directeur Général Du Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose de Dakar, ainsi que bien d’autres.

Dans son exposé, Docteur Kouissoa Honorat Gilles, par ailleurs conférencier à cette journée scientifique, qui fait le constat de l’influence de la musique urbaine sur la musique traditionnelle, recommande une adaptation des instruments de musique africains, notamment le balafon, à la musique urbaine, pour la survie de ces instruments.

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« Les musiques traditionnelles sont délaissées au profit des musiques urbaines avec la transformation socioculturelle de nos sociétés traditionnelles. Ainsi, les jeunes s’intéressent de moins en moins au Djéguélé qui est le balafon sénoufo. Alors comment maintenir sa pratique aux côtés des  musiques urbaines ? » S’interroge l’Enseignant Chercheur en Art, Culture et Développement option Musique, à l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (Insaac).

Sa réponse est bien évidente : l’intégrer à la musique urbaine. Car, dit-il, les jeunes sont plus portés sur cette musique. « La musique folklorique est conservée et c’est bien. Mais pour que le Djéguélé soit dans la vie musicale de la Côte d’Ivoire, il faut l’inscrire dans le modernisme. Par exemple, jouer de la techno, du reggae, du coupé-décalé ou du zouglou avec du balafon ». Renchérit le musicologue.

Cette expérience est bien réussie par des artistes comme Josey qui a integré le balafon dans son dernier single. Et d’autres pionniers de la musique africaine  s’y adonnent avec succès. Parmi tant d’autres, Docteur Kouissoa Honorat Gilles s’est intéressé, pour illustrer ses propos, au cas de Mori Kanté, Toumani Diabaté et Sidiki Diabaté qui se sont donné une renommée mondiale dans la fusion de la Kora dans leurs œuvres artistiques.

Akina De Kouassi, envoyé spécial à Boundiali.

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