L’esclavage, une réalité en Mauritanie

  • Par Yaya konaté
  • 17 Juil. 2019
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Très critiquée pour son retard en matière de Droits de l’Homme, le pays fait aujourd’hui face à un autre problème plus sérieux : l’esclavage.


En effet, les nombreux cas enregistrés prouvent encore les efforts colossaux qui restent à fournir. Les cas liés à l’esclavage ou au racisme recensés ces dernières années font débat. Les rapports ouverts par les ONG en place font état d’une situation extrêmement complexe et très préoccupante pour les Haratines (les Maures noirs) vivant dans le pays.

Trois formes traditionnelles d’esclavage existent toujours dans ce pays : l’esclavage domestique (l’esclavage attaché à son maître pour sa vie entière sans aucun contact avec sa famille), l’esclavage sexuel (pour les femmes qui travaillent pour un maître dont l’autorité est considérée comme naturelle) et enfin l’esclavage agricole (les travaux les plus durs et les plus rebutants sont assignés à l’esclave).

« En 2018, environ 20 % des Noirs mauritaniens sont possédés par des citoyens mauritaniens arabo-berbères, le plus légalement du monde. Les Maures sont largement minoritaires, mais ils s’accaparent tous les leviers du pouvoir : politiques, économiques et administratifs. Ils représentent 90 % des membres du gouvernement, 100 % des hommes affaires, 95 % des officiers supérieurs… La discrimination est en contradiction avec les lois en vigueur, mais celles-ci sont faites seulement pour tromper les Occidentaux, qui se satisfont des apparences » soutient l’activiste Biram Dah Abeid, Président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) qu’il a fondé en 2008.

Militant anti-esclavagiste subversif,  Abeid, lui-même descendant d’esclaves, affirme par ailleurs que la loi qui criminalise l’esclavage n’a jamais été appliquée et que les Haratines sont toujours considérés comme des esclaves par ascendance et, à ce titre, considérés comme la propriété des Arabo-berbères.  « Ce sont des objets. Ils n’ont pas droit à l’éducation, à la propriété, à l’état civil » ajoute-t-il.

Le 27 avril 2012, il a été détenu plusieurs mois (sans avoir été jugé) pour avoir brûlé des écrits considérés par certains comme sacrés mais qu’il qualifie pour sa part d’esclavagistes et d’anti-islamiques. Dès lors, sa tête est mise à prix. Le ministère public réclame la peine de mort contre lui pour, dit-il, avoir brûlé des « références sacrées ». Pour des raisons de sécurité et de bien-être de sa famille et de ses enfants, l’activiste vit au Sénégal et retourne dans son pays, la Mauritanie, de temps en temps.

 

Source : blogs.mediapart/lepoint

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