Voyez le foulard autrement.

  • Par Edwige Doumbia
  • 03 Mai 2019
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Attacher le foulard est certes une tradition bien ancrée dans la pratique des peuples africains. Mais il est également tout un art.


Appelé « Duku » au Malawi et au Ghana, « Dhuku » au Zimbabwe, « Tukwi » au Botswana, « Gele » chez les Yorouba, «  » chez les Ibo, « Kouna Diala » chez les Bambara (le bandeau qui serre la tête), « Tabla » chez les Fon au Bénin, « Gnoubouholo » chez les SenoufIchafuo, « K’sa » chez les Touareg, le foulard africain est plus qu’une pièce de tissu, son port est plus qu’une tendance.

Le foulard a une signification, au-delà de celle culturelle, traditionnelle et cultuelle, religieuse. Chez les Senoufo, population d’Afrique de l’Ouest, présente au Burkina Faso, dans le sud du Mali (principalement dans la région de Sikasso) et en Côte d’Ivoire (au nord, autour des villes de Boundiali, Tengrela, Ferké et Korhogo), le port du foulard  fait partie d’un accoutrement spécial que le doyen de la famille doit arborer tout au long de la journée destinée au culte des ancêtres.

Le port du foulard est une pratique vestimentaire qui tire ses racines de l’époque précoloniale. En ce temps déjà, des Africaines portaient le foulard bien avant la pénétration arabe sur le continent, suivant l’opinion du sociologue malien, Facoh Diarra.

Beaucoup de valeurs africaines reposent sur l’habillement, le style adopté et surtout les accessoires ajoutés pour incarner la personnalité que l’on désire. Le foulard apparait donc comme un accessoire vestimentaire que l’on retrouve dans différentes cultures africaines. Selon le type de tissu, les motifs, la couleur et le style de l’attaché, il est utilisé aux quatre coins du monde  symboliquement pour représenter des religions et des cultures et pour prouver une identité, une origine.

Porter le foulard est également une pratique commune dans plusieurs cultures pendant de grandes cérémonies telles que le mariage, étant donné que cet accessoire est considéré comme un attribut de la féminité.

Pour ce qui est de l’attaché du foulard, il revêt d’une élégance et d’une marque d’attention soutenue. Dans la société Yorouba, au nord-ouest du Bénin et en partie au Nigeria, il fut utilisé par les femmes pour décrire leur situation amoureuse. Le bout du foulard qui pointe à droite montre que la femme qui le porte est mariée. Par contre, s’il pointe à gauche, cela signifie que la femme en question peut et est disponible.

Par ailleurs, l’attaché du foulard est également un élément du statut social. Plus l’attaché est complexe et large, plus élevée est la place de cette femme dans la communauté concernée. Selon sa texture et son design, le Gele est donc un attribut de richesse.

Attacher le Gele est un véritable art. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, il existe des spécialistes du Gele, des femmes qui ont bâti leur business sur sa fabrication ou son attaché pour des cérémonies particulières.

 

Source : beninwebtv.com

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