MISS CÔTE D’IVOIRE 2025 : FATIMA KONÉ ÉLUE MAIS ... INUTILE ?

  • Par Aboubacar Ben Doumbia
  • 26 Juil. 2025
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Notre billet du jour, sans doute, heurtera certaines sensibilités mais puisque notre dessein n’est point de rallier l’unanimité, assumons, avec éclat, le courage de dire tout haut ce que nombre, par prudence ou lâcheté, choisiront de taire.


      La nouvelle vient de tomber, avec la brutalité d’un couperet et l’absurdité d’un mauvais scénario. Elle est aussi humiliante qu’elle est méprisante à l’égard de nos concitoyens. Ce jour, le Comité Miss Côte d’Ivoire, dans un élan pour le moins déroutant, a porté son choix sur Mlle Olivia Yacé, 27 ans, Miss Côte d’Ivoire 2021, pour représenter, à nouveau, notre pays à l’international, et ce, dans le cadre du prestigieux concours Miss Univers 2025. Une décision qui, sans l’ombre d’une explication crédible, relègue au second plan Mlle Fatima Koné, Miss Côte d’Ivoire 2025, à peine sacrée, à peine célébrée, à qui l’on retire déjà la substance même de son sacre. La couronne, au lieu de consacrer un avenir, se voit ainsi et désormais confisquée au profit d’un passé qu’on s’obstine à ressusciter au mépris du mérite, de la symbolique du titre et du respect dû à la jeune élue.

         Quel désaveu que cette humiliation institutionnalisée ! Comment expliquer en effet un tel affront sans y voir la main pesante d’un favoritisme devenu systémique ?

       Olivia Yacé est très incontestablement une reine de beauté accomplie. Personne ne saurait nier sa grâce ni ses performances passées. Pour autant, il faudrait qu'à un moment donné elle puisse tirer sa révérence dans les honneurs, avec élégance et surtout, que lui soit accordé de ne pas s’éterniser ni s'accrocher à un rôle qui devrait revenir à la génération qui la suit. La beauté, pour être rayonnante, doit aussi savoir être passagère. Nul n’a, de surcroît, le monopole du rêve ivoirien.

          Ce choix, incompréhensible pour le moindre qu'on puisse en dire, de sélectionner une ancienne miss d'il y a quatre ans déjà, nous le respecterons car nous n'avons le choix. Il envoie cependant un message funeste à toutes ces jeunes demoiselles qui s’investissent dans ce concours avec espoir et détermination ; celui de les prévenir que, même couronnées, elles ne seront jamais complètement prioritaires aux yeux des organisateurs du concours. Ce n’est en effet plus le mérite du moment ni le titre de Miss Côte d’Ivoire qui ouvre les portes de l’univers mais bien plutôt l’aura d’un réseau bien achalandé, la force d’un lobbying opaque ou un capital de notoriété savamment entretenu.

         Le COMICI ? Qu'en dire s'il n'est que, par cette décision, il scie la branche sur laquelle il est assis, sape sa propre légitimité, renforce l’image d’un concours truqué en lequel, de surcroît, le passé écrase le présent et tue l’avenir. C’est une trahison silencieuse mais d’une violence symbolique rare en laquelle sont confondues nostalgie et compétence, popularité et légitimité.

      Que devra comprendre la Miss 2025 qui, déjà victime d'un cyber-harcellement incompréhensible depuis son couronnement, découvrira aujourdhui que, par le plus humiliant des arbitraires, une autre, sur la scène internationale, portera l’écharpe à sa place ?

Devra-t-elle aussi comprendre qu’aux yeux de ses compatriotes, et surtout du Comité Miss Côte d'Ivoire, elle n'est assez belle que pour un défilé local mais, pas assez stratégique pour faire rayonner, jusqu'au firmament, les couleurs du pays ?

        Voilà, en substance, ce que signifie cette mise à l’écart qui frôle la discrimination en talons aiguilles. Un deux poids deux mesures qu’il sera difficile de justifier autrement que par un mépris exprimé ouvertement à l'endroit de la nouvelle Miss ainsi qu'à la face de tous ceux qui, nombreux, ont voté pour la faire élire.

           Sur ce point précis, disons-le avec toute la franchise requise, le COMICI gagnerait à faire son introspection. Il dispose certes de la légitimité juridique pour entériner une telle décision, mais il lui fait cruellement défaut l’assentiment moral, celui, plus fondamental, de l’éthique et du bon sens partagé. À ce rythme, le peuple finira par déserter les tribunes d’un spectacle qui, de jour en jour, se révèle n'être qu'un simulacre en lequel les dés sont pipés.

            Olivia Yacé est et demeurera une étoile brillant de mille feux dans le ciel du concours ivoirien mais, toutes les étoiles, aussi brillantes soient-elles, doivent laisser d’autres naître.

Place à la jeunesse. Place au mérite du présent et surtout, place à l'équité.

Nous croyons avoir dit !!!

 

"Source : Page Facebook de  Almamy Facine Sylla".

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