AbraPadabra : Alain Tailly, la scène comme autel de gratitude et de mémoire

  • Par Akina De Kouassi
  • 04 Avr. 2026
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Le samedi 28 mars 2026, l’Institut Goethe d’Abidjan s’est transformé en un véritable sanctuaire d’émotions, à l’occasion du spectacle AbraPadabra porté par l’artiste ivoirien Alain Tailly.


Ce rendez-vous culturel s’est imposé comme une fresque intime, où la mémoire, la reconnaissance et l’identité se sont entrelacées dans une harmonie rare.

Dès les premières notes, le ton était donné. « Le spectacle AbraPadaBra est placé sous le signe de la gratitude… », confie l’artiste, posant ainsi les fondations d’un moment profondément humain. Dans une époque souvent marquée par la vitesse et l’oubli, Alain Tailly invite à un retour à l’essentiel, c'est-à-dire, se souvenir, honorer et dire merci. Merci aux lieux, aux êtres et aux circonstances qui façonnent une vie.

Au cœur de cet hommage, la ville de Divo et ses fiers autochtones Dida occupent une place centrale. Avec émotion, l’artiste évoque cette terre « si chère à son cœur », qui a accueilli ses grands-parents maternels il y a plus d’un siècle. Une terre d’ancrage, et de fraternité, devenue matrice d’une histoire familiale et humaine. À travers ses mots, c’est toute une filiation qui se raconte, un héritage transmis avec dignité et reconnaissance.

Dans ce voyage introspectif, Alain Tailly n’oublie pas les figures marquantes de son parcours. Il rend un hommage appuyé à Jules Serge Gnigou, présenté comme « un homme affable, attentionné, généreux et rempli d’affection ». Une figure tutélaire, dont l’influence bienveillante continue de rayonner dans la trajectoire de l’artiste.

Mais l’un des moments les plus vibrants de la soirée reste sans conteste l’évocation du mythique groupe Woya. Véritable catalyseur de vocation, Woya incarne pour Alain Tailly le point de bascule, l’instant décisif qui l’a conduit à embrasser une carrière au service de la culture. « Ma rencontre avec ce groupe mythique est à l’origine de ma décision de servir la Culture », confesse-t-il avec sincérité.

Et comme un symbole fort, la scène a accueilli deux figures emblématiques de ce groupe légendaire : Edson David Tayorault et Amy Bamba. Leur présence, chargée d’histoire et de complicité artistique, a offert au public un final d’une intensité rare, véritable apothéose émotionnelle de la soirée.

Ce spectacle a également permis de raviver la mémoire collective autour de la renaissance de Woya dans les années 1990, avec la création de Woya Corporation en 1993. Une aventure portée par plusieurs figures engagées telles que Koutoua, Maître Vaï Gogbé, Frédéric Somda, Baba Diomandé, Karim Koné, Marie-Louise Yapobi Attié, Tony Tailly, Zohoré Lassane et Alain Sawaya.

La soirée s’est achevée sur une note d’honneur et de reconnaissance, lorsque l’artiste a reçu un portrait de lui-même, œuvre du jeune talent Lori Patrick Dylan. Un geste symbolique fort, comme un miroir tendu à l’homme et à l’artiste, reflet d’un parcours jalonné d’engagement et de transmission.

 

Akina Dekouassi

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