MASA 2024/Théâtre: AGOODJIÉ Une pièce 100% féminine qui a fait sensation

  • Par Ange-Alvine Yao
  • 21 Avr. 2024
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Quand David Diop disait : << Afrique mon Afrique, Afrique des fiers guerriers de la savane ancestrale >>> il fait également référence à ces braves femmes, ces femmes fortes, ces ?Agoodjié?dont la pièce aura marqué l’ensemble du public du MASA13.


Jeudi 18 janvier 2024, le soleil, s’est éteint sur la commune de Treichville et la nuit est tombée sur son palais de la culture ; par contre, la fatigue, n’est pas tombée sur les milliers de spectateurs venus au MASA. On tend vers 19 h et le hall de la salle Niangoran Porquet est déjà bondé de monde, on aurait dit, que la file d’attente du prochain spectacle elle était elle-même déjà spectaculaire.

 Mais qu’attendait tout ce monde ?

Agoodjié !

Le titre du spectacle provient d’une ancienne formation militaire essentiellement composée de Femme Fon du royaume Dahomey, l’actuel Bénin. Elles pouvaient êtres nommées Mino, Minon, Ahosi ou ?Agoojié?et elles ont résistés jusqu’à la fin du 19e siècle.

 D’entrée de jeu, il faut le reconnaître, pour une deuxième représentation au MASA, cette pièce théâtrale de la compagnie Art-ménie était parvenue à mobiliser une grande foule entre le public amateur, les professionnels, les académiciens et certaines stars du septième art Ivoirien, nul ne voulait se faire conter « Agoodjié » .

Extinction des lumières, silence total dans la salle ; soudain, un bruit semblable à celui d’une cloche rejoint la scène porté par une prêtresse. De l’autre côté, dans le public, trois jeunes femmes armées et vêtues de tenues guerrières traditionnelle font également leur entrée sur la scène en chantant.

Pratiquement, tout le début de la pièce vibrait au rythme de la performance vocale du trio d’amazone.

Telle une hymne, une litanie ou bien plus elles chantaient le regard lourd fixé vers le public ces paroles  où l’on pouvait percevoir le titre du spectacle.

Cette pièce, met en lumière un royaume et cinq femmes fortes, clairement des « Agoodjié » comme elles le revendiquaient à maintes reprises. Composé d’une prêtresse, de trois jeunes guerrières et une ex-guerrière fugitive ayant abandonnée ses consœurs au combat.

 C’est dans un ton épique qui traduit un règlement de compte entre la fugitive et ses ex-sœurs d’arme que le spectacle évolue. En effet considérée comme une traite et n’ayant pas tenu sa promesse faite au roi, la fugitive tente avec ardeur de justifier son retrait de la troupe dans un dialogue houleux avec les trois autres ; Ce qui donna place finalement à un combat. De cette partie, on peut retenir l'immense déception des trois autres et la quintessence d'une promesse qu’elles considèrent comme étant une ? roche au milieu de la cours royale? .

Ce théâtre révèle les atouts moraux de la femme africaine, d’une guerrière ; bien avant d’inciter à son émancipation. Plus loin, cette pièce conçoit la beauté de la femme sur la base d’une puissance tant mentale que spirituelle.

Les prochaines scènes vont dépeindre à tour de rôle les différentes qualités sur les champs de bataille de ces jeunes guerrières prêtes à tout pour s’affranchir du colon. De plus, on peut rappeler les valeurs de loyauté et de solidarité plus que nécessaire au sein de ce groupe de femme.

Cette question qui est survenue au cours de la représentation en dit mieux sur ces valeurs.

A la fin du spectacle, on assiste à la repentance de la fugitive dont le retour était plus qu’important pour les combats à venir. En somme, cette pièce est une fresque qui présente la vie des femmes Africaines guerrières, des amazones capable de défendre un peuple et se libérer du joug impérial. A vrai dire, cette pièce théâtrale fait écho au film à succès The Woman King qui retrace bien le parcours inspirant des guerrières du Dahomey.

Dirigée par Kouamé Vincent De Paul, la compagnie Art’menie est née en 2018. Impossible de ne pas citer Kouakou Hugues Édouard qui a mis en scène cette pièce aux côtés du fondateur de la compagnie, aussi, il est bien de préciser que ce spectacle est une adaptation du texte « L’ultime tracé « d’Agnès Pizzichetti Glèlè.

 

 

 

 

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