Cameroun: Une destinée sous l'influence de trois civilisations

  • Par Akina De Kouassi
  • 08 Sept. 2020
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Pays d’Afrique centrale composé de près de 250 groupes ethniques, le Cameroun est une mosaïque de cultures réparties en 5 grandes régions culturelles qui constituent dans l’ensemble, la beauté de sa richesse.


Au Cameroun, on retrouve en effet une diversité ethnique répartie sur 5 grandes aires culturelles :

-Le groupe des plateaux de l’ouest, principalement constitué par les Bamiléké, les Bamoun...

-Celui des forêts tropicales côtières dans lequel on retrouve les Douala, les Bassa...

-Le groupe des forêts tropicales du sud qui inclut un nombre important de Beti, Boulou, Ewondo, Fang et les Baka Pygmées.

-Les peuples des régions semi-arides du nord, viennent par la suite avec les Peuls.

-Et enfin, les Kiri qu’on retrouve dans le désert, c’est-à-dire beaucoup plus dans le nord du pays. 

A l’origine

Selon des études menées par des archéologues sur des ossements de quatre enfants enterrés il y a 3000 et 8000 ans, les premiers habitants du Cameroun seraient probablement des populations proches des Baka et des Akas, traditionnellement appelés pygmées. Ces populations habitent jusqu’à présent les forêts des régions du sud et de l'est.

L’occupation des peuples

Au cours du 1er millénaire av. J.-C. la partie sud-ouest de l’actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria auraient abrité les premiers peuples de la zone. 

C’est à partir donc de cette région que les Tikars, les Bamouns et les Bamilékés ont, par la suite, migré pour s'installer sur les hauts plateaux camerounais. 

En 1862 le philologue allemand Wilhem Bleek, regroupe les langues négro-africaines parlées dans le centre et le sud du continent à partir d’une ligne allant de Douala, au Cameroun, à Mombasa, au Kenya et les nommes BANTU . Ces langues proches composent l'essenciel des langues de l'Afrique central, de l'Afrique de l'Est et de l'Afrique qu Sud soit en environ 400 langues. Le Batou est une subdivision de la famille nigéro-kordofanienne dont l'origine ce situe dans la région du Lac Tchad au nord Cameroun actuel. 

Instabilités sociales précoloniales

A l’origine, l’organisation sociale était constituée en famille, tribu, clan et petits royaumes, d’où le royaume Bamoun fondé vers la fin du XVIe siècle qui prit son essor sous le règne d’un certain Mboumbouo Mandù à la fin du XVIIIe siècle.

Mais avant, la région du lac Tchad passe au XVIe siècle sous le contrôle de l'empire de Kanem-Bornou. Le premier état connu des historiens dans la région est celui du Kanem, qui se développe autour du lac Tchad à partir du IXe siècle.

Au XIe siècle, l’empire de Kanem-Bornou devient musulman et atteint son apogée à la fin du XVIe siècle. L’empire de Kanem-Bornou impose sa souveraineté à la majeure partie du territoire camerounais. Mais il se heurte sans cesse à la résistance des peuples et des petits royaumes camerounais, notamment les royaumes Kotoko et Mandara.

 

Une vague migratoire de pasteurs nomades peuls, venant du Macina, atteint le lac Tchad au début du XVIIe siècle. Ceux-ci vont s'implanter dans l'Adamaoua actuel, contribuant à la diffusion de l'islam. Ils s'organisent en petits États théocratiques musulmans, dirigés par un lamido, à la fois chef politique et spirituel.

En 1804, Usman dan Fodio et les Peuls du Nigeria lancent une guerre sainte contre les Haussas afin d'étendre le royaume toucouleur. Forts de cet exemple, les Peuls du Sud rallient leur cause et propagent le djihad dans leur région. Adama, chef des Peuls du sud, prend le titre de cheikh et les plateaux du Sud islamisés prennent le nom d'Adamaoua. Leur capitale, Yola, se trouve sur la Bénoué. Le lamido Adama meurt en 1847.

Les premiers contacts avec l’Europe

En 1472, des explorateurs portugais, en route pour les Indes, arrivent sur les Côtes du territoire de l’actuel Cameroun. Étourdi par le nombre impressionnant de crevettes, le navigateur Fernando Póo baptise le territoire « Rio dos Camaroes» ce qui signifie "rivière des crevettes".

Les côtes camerounaises assez marécageuses et infestées de malaria, ne permettaient pas aux négriers du XVe siècle de s’y installer en créant des comptoirs comme ce fut le cas à Saint-Louis et à Gooré au Sénégal.

Le Cameroun, triple colonie

Après le passage des explorateurs portugais qui a été suivi par les razzias transatlantiques, des commerçants et missionnaires britanniques débarquent et s’établissent sur les côtes camerounaises et l’arrière-pays du golfe du Biafra, après 1845. Mais, dès 1860, les britanniques seront concurrencés par les Allemands.

L’allemand Gustav Nichtigal, qui avait par le passé mené des explorations à l’intérieur du territoire camerounais, va procéder en 1884 à des signatures de traités de protectorat avec des chefs doualas. Ainsi, en 1885, la conférence de Berlin octroie à l’Allemand, toute autorité sur le Cameroun. Cependant, l’Allemand ne fera pas long chemin à cause des résistances des populations et surtout les difficultés de transport au sein du protectorat.

En 1916, au lendemain de la première guerre mondiale qui a vaincue l’Allemagne, des forces franco-britanniques occupent le protectorat allemand du Kamerun.

La Société Des Nations (SDN), place sous son mandat le Kamerun, avant de confier les quatre cinquième de ce territoire à la France et le reste à la Grande-Bretagne.

En 1945, après la deuxième guerre mondiale, tout le territoire camerounais reste sous la tutelle de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Puis, en 1958, la partie orientale du Cameroun devient autonome dans la Communauté française, avant d’accéder en 1960 à  l’indépendance.

Mais, le Cameroun occidental va se scinder en deux parties après un référendum d’autodétermination en organisé en 1961.

La partie nord, essentiellement animiste ou chrétienne, se rattache au Cameroun tandis que le nord qui est musulman, décide de se rattacher au Nigeria. Cette année, sous la présidence de Ahmadou Ahidjo, les parties nord et sud se fédèrent pour former une République fédérale.

Sources : Wikipedia, voyagesphotosmanu.com, Encarta, Jeune Afrique

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